Territoire 3 Milles Nautiques

Un autre regard sur la bande côtière des 3 milles nautiques





La mer est un espace délimité historiquement et fictivement par des zones dans lesquelles les référents changent ainsi que les activités et les règles qui les régissent. Parmi l'une d'elles, la bande des 3 milles nautiques s’étend sur une distance d’environ 6 km en mer depuis le rivage. Cette zone qui commence à faire l'objet d'études scientifiques et naturalistes révèle une richesse insoupçonnée sur le plan de la biodiversité marine, du fait d'une corrélation entre une faible profondeur et une luminosité maximale accompagnée d’apports nutritifs conséquents par le bassin versant notamment. De plus, cette zone côtière est particulièrement soumise à de multiples pressions et agressions, tant naturelles qu’humaines et technologiques qui influencent l’équilibre et la bio-diversité des mers dans leur ensemble.

 

De toute évidence, ce potentiel territorial n'est pas considéré comme il le devrait : faible application des lois en matière de police de la mer, chalutage illégal, rejets d’effluents, plan de retraitement des déchets peu existant, timide politique de protection de la mer …

 



Pour autant, cette zone, malgré l’engouement qu’elle suscite chez les différents publics qui la fréquentent, reste encore méconnue et souvent méprisée. Elle constitue, en outre, une frontière à notre territoire de vie, et, force est de constater que la réflexion scientifique et politique sur la gestion des espaces maritimes y compris littoraux mérite encore d’être largement renforcée ; notamment en tirant profit de l’expérience des acteurs opérationnels, au-delà des approches sectorielles d’allocation de l’espace.
Ainsi, le sentiment de propriété reste une question entière: la mer appartient-elle à tout le monde ou à personne? Et de cette inconnue découle des comportements et des liens de nature différente et souvent contradictoire.
Tous ces aspects constituent d’évidence des enjeux de synthèse et de clarification de l’information et des modes de communication et de transmission des savoirs et des pratiques entre les différents acteurs, tant sur le plan de la recherche scientifique que des représentations des acteurs de la société civile et professionnelle.

Un vide de connaissances  – un manque de traduction.
Des usages insouciants et contradictoires.
Des décisions absentes ?


Dans le cadre de ce projet, nous posons le principe que la diffusion et le partage des connaissances devient opérationnel à la condition d’une communication élaborée et enrichie des apports de la science. Cet élément constituant le point d’étayage essentiel du développement durable, sans lequel les trois autres (l’économie, le social et l’environnement) ne sauraient être conjugués.
Ce projet a pour ambition, par le truchement d’une approche scientifique multidisciplinaire (écologie, psychologie, sociologie, sciences de l’éducation, aménagement du territoire), de questionner la nature des liens, les pratiques, les projets et les cultures en matière de territoire maritime. Ces questionnements visent à alimenter la construction de supports de transmission et de communication partageables et pensés de manière systémique et cohérente. Ce projet envisage la valorisation de l’expertise produite par ce tiers secteur scientifique par une expérimentation de nouvelles propositions sur le plan de la décision politique.

En quoi le « mieux faire » constitue-t-il un projet collectif ?

L’intérêt collectif est-il la somme des intérêts particuliers ? Concernant l’écologie, les gains sont collectifs, mais le coût de l’action est individuel. L’individualisme serait donc une des raisons profondes de notre inaction pour l’environnement. Il reste à élucider en quoi le « mieux faire » constitue un projet collectif et réfléchir aux leviers possibles d’une motivation à reconstruire.
A ce titre, la pédagogie que nous utilisons à T’M est la valorisation des personnes et des compétences, comme levier de la motivation effective au quotidien.
C’est autour de la problématique d'une nouvelle forme de lien à créer vis à vis du territoire maritime que la collaboration a pris corps et que le projet  est né.

Le projet EVOLIT se positionne entre l’évolution du littoral et les prises de décision, par le biais d’une approche systémique en vue de contribuer à un savoir partagé, dynamique et communicatif pour vivre mieux la zone des 3 milles nautiques.
De la rencontre entre les chercheurs et les professionnels de l’association Territoires en Mer, il est ressorti une volonté affirmée des deux parties de travailler ensemble sur la problématique des changements de comportements dans les usages et plus concrètement des changements de perception du territoire maritime, dans une logique plus globale de représentations.





L’association Territoires en Mer souhaite s’engager dans une collaboration inédite avec la communauté scientifique. Elle souhaite la mobiliser dans ses apports réflexifs et méthodologiques afin notamment de questionner et d’améliorer la force de la relation, du lien homme-territoire maritime.

Dans le même temps, elle s’inscrit dans ce partenariat afin de valoriser localement et régionalement son expertise en renforçant son activité de laboratoire.

De leurs côtés, les chercheurs qui participent à notre équipe sont tous convaincus – leurs orientations scientifiques en témoignent - qu’un travail de recherche en sciences humaines peut-être également créatif à condition qu’il se fasse en collaboration avec les professionnels et selon leurs préoccupations du moment. Une collaboration étroite apparaît donc nécessaire à la fabrication d’une « intelligence collective » au service du plus grand nombre et de l'avenir proche.